Mud, Trees, and a Bigger Idea: Why School Grounds Matter More Than We Think

A child climbs a tree during the school day. Another sits outside, turning something over in their hands, trying to figure it out. Nothing remarkable, really. And yet, in many places, it somehow is. Not because it’s new. Just because it doesn’t happen all that often anymore.

Un enfant grimpe à un arbre pendant la journée d’école. Un autre est assis dehors, il tourne un objet entre ses mains, essaie de comprendre comment ça marche. Rien d’extraordinaire, au fond. Et pourtant, dans beaucoup d’endroits, ça l’est devenu. Pas parce que c’est nouveau. Juste parce que ça n’arrive plus si souvent. (article en français ci-dessous)

Over time, childhood has edged indoors. Less time outside, less roaming about, fewer moments where things aren’t quite structured. It’s easy to say that’s just how things are now and leave it at that. A recent paper by IUCN in Gland suggests it might be worth looking at it a bit more closely, especially in terms of what it does to learning, wellbeing, and how children relate to the world around them.

What’s quite nice about the paper is that it doesn’t get sentimental. It stays fairly practical. If children aren’t spending much time in nature, then the question is: where would that realistically fit back in? Probably not in some distant forest. And not only in carefully planned outdoor programmes. More likely, just outside the classroom door.

School grounds aren’t particularly exciting in themselves, but they do have one advantage: they’re already there, and everyone uses them. Which makes them a fairly obvious place to start.

The paper pulls together a lot of research, but most of it feels familiar once you picture it. Children who spend time outdoors tend to concentrate a bit better, move more, and play in ways that don’t need quite so much organising. They don’t drop things quite as quickly. One thing leads to another. They get drawn in. And somewhere along the way, they start to experience the natural world as something they’re part of, not something separate.

What’s easy to miss is that these spaces don’t just affect children. A few trees can noticeably change the temperature of a playground. Different surfaces deal with rain in ways that tarmac doesn’t. Planting brings insects, birds, a bit of unpredictability. Leave the gates open after school, and the space starts to belong to more than just the school.

That’s partly why this isn’t limited to one place or one type of school. Versions of this are happening in cities as different as Rotterdam, Paris, parts of the US and Brazil. They don’t all start from the same place – sometimes it’s about heat, sometimes about lack of play space, sometimes about education. But they tend to end up in a similar place, asking what these spaces could actually do if they were used differently.

The paper lays out a framework, though it doesn’t pretend that things fall neatly into place. It starts with people rather than design. Before anything changes physically, there needs to be some agreement about what the space is for. That brings together people who don’t usually sit around the same table: teachers, planners, health teams, local groups – and asks them to find some common ground.

From there, things become more concrete. Where to begin matters. If left to chance, the schools that already have the most tend to move first. The paper suggests being more deliberate, looking at where access to green space is limited, where environmental pressures are higher, and starting there.

Design, in this context, isn’t really about importing a ready-made idea. It tends to work better when it grows out of the place itself, its climate, its materials, its routines, and when the people who use the space have a say in how it develops.

And then there’s the part that probably matters most, although it gets less attention: what happens after it’s built. Spaces need looking after, using, adjusting. Without that, even the nicest project can quietly lose its purpose. That’s where policy and funding come in, keeping the project going once the initial energy fades.

Running through all of this is a fairly simple point: access to nature isn’t evenly spread. Some children grow up surrounded by it. Others don’t. If nothing is done about that, the gap more or less stays where it is.

So this isn’t about recreating some idealised version of the past. It’s more about making better use of what’s already there. A school ground becomes more than the bit you cross on the way in. It turns into somewhere you might actually stay for a while, where things happen, you have fun, jump, learn and meet others. It won’t solve everything, but it does shift something. It makes being outside feel normal again, not special, not scheduled, just part of the day. And that tends to stick.

And in some places, this isn’t even a future idea, it’s already how things are done. At Little Green House, we’re lucky that this is already part of our concept, children go outside as a matter of course, in all seasons. Nature isn’t treated as an activity, but simply as the setting in which everything else happens. It’s not a big statement. Just a slightly different way of doing things.

Or, put more simply: growing up could probably do with a bit more mud, a few more trees, and enough space to see what happens.

Source: IUCN – Ten steps to green school grounds & nature-based education. You can download the full report here.

De la boue, des arbres et une idée plus large : pourquoi les cours d’école comptent plus qu’on ne le pense

Un enfant grimpe à un arbre pendant la journée d’école. Un autre est assis dehors, il tourne un objet entre ses mains, essaie de comprendre comment ça marche. Rien d’extraordinaire, au fond. Et pourtant, dans beaucoup d’endroits, ça l’est devenu. Pas parce que c’est nouveau. Juste parce que ça n’arrive plus si souvent.

Avec le temps, l’enfance s’est déplacée vers l’intérieur. Moins de temps dehors, moins de liberté pour explorer, moins de moments un peu ouverts, pas totalement cadrés. On pourrait se dire que c’est comme ça aujourd’hui, et s’arrêter là. Mais un rapport récent de International Union for Conservation of Nature à Gland suggère que ça vaut peut-être la peine d’y regarder de plus près, notamment pour comprendre ce que ça change pour l’apprentissage, le bien-être et la façon dont les enfants se relient au monde autour d’eux.

Ce qui est appréciable dans ce rapport, c’est qu’il ne tombe pas dans la nostalgie. Il reste assez concret. Si les enfants passent peu de temps dans la nature, la question devient simple : où est-ce que ça pourrait vraiment reprendre sa place ? Probablement pas dans une forêt lointaine. Et pas seulement dans des programmes “outdoor” très organisés. Plus simplement, juste dehors, à deux pas de la salle de classe.

Les cours d’école ne sont pas forcément passionnantes en soi, mais elles ont un avantage : elles existent déjà, et tout le monde les utilise. C’est donc un point de départ assez évident.

Le rapport rassemble beaucoup d’études, mais au fond, on voit vite de quoi il s’agit. Les enfants qui passent du temps dehors se concentrent souvent un peu mieux, bougent davantage, et jouent d’une manière qui demande moins d’organisation. Ils ne lâchent pas aussi vite. Une chose en entraîne une autre. Ils s’y plongent. Et petit à petit, ils commencent à voir la nature comme quelque chose dont ils font partie, pas comme quelque chose à part.

Ce qu’on oublie facilement, c’est que ces espaces ne concernent pas que les enfants. Quelques arbres peuvent déjà changer la température d’une cour de récréation. Des sols différents gèrent la pluie autrement que le bitume. Des plantations attirent des insectes, des oiseaux, un peu d’imprévu. Et si on laisse les grilles ouvertes après l’école, l’espace commence à appartenir à autre chose qu’à l’école seule.

C’est aussi pour ça que ce n’est pas limité à un lieu ou à un type d’école. On voit des approches similaires dans des villes comme Rotterdam, Paris, ou dans certaines régions des United States et du Brazil. Les points de départ varient – chaleur, manque d’espaces de jeu, enjeux éducatifs – mais on arrive souvent aux mêmes questions : qu’est-ce que ces lieux pourraient vraiment apporter, si on les utilisait autrement ?

Le rapport propose un cadre, sans faire croire que tout se met en place facilement. Il commence par les personnes, pas par le design. Avant de transformer physiquement un espace, il faut s’entendre sur son rôle. Cela réunit des gens qui ne travaillent pas toujours ensemble : enseignants, urbanistes, équipes de santé, associations locales – et leur demande de trouver un terrain commun.

Ensuite, les choses deviennent plus concrètes. Le point de départ compte. Si on laisse faire, ce sont souvent les écoles déjà bien dotées qui avancent en premier. Le rapport recommande d’être plus volontaire : regarder où l’accès aux espaces verts est limité, où les pressions environnementales sont plus fortes, et commencer là.

Dans ce contexte, le design ne consiste pas à importer une solution toute faite. Ça fonctionne mieux quand ça part du lieu lui-même : son climat, ses matériaux, ses usages. Et quand ceux qui utilisent l’espace peuvent participer à son évolution.

Et puis il y a la suite, sans doute la plus importante, même si on en parle moins : ce qui se passe après. Un espace doit être entretenu, utilisé, ajusté. Sinon, même un beau projet peut perdre doucement son sens. C’est là que les politiques publiques et le financement jouent un rôle, pour faire durer les choses une fois l’élan du départ passé.

Au fond, il y a une idée assez simple : l’accès à la nature n’est pas réparti de manière égale. Certains enfants grandissent entourés de verdure. D’autres non. Et si on ne fait rien, cet écart reste plus ou moins le même.

Il ne s’agit donc pas de recréer une version idéalisée du passé. Plutôt de mieux utiliser ce qui est déjà là. Une cour d’école devient plus qu’un lieu de passage. C’est un endroit où l’on peut rester, où il se passe des choses, où l’on joue, on apprend, on rencontre les autres. Ça ne résout pas tout, mais ça change quelque chose. Être dehors redevient normal – pas exceptionnel, pas planifié, juste une partie de la journée. Et ça, ça reste.

Et dans certains endroits, ce n’est même plus une idée pour plus tard, c’est déjà le quotidien. Chez Little Green House, on a la chance que cela fasse partie intégrante du concept : les enfants vont dehors naturellement, toute l’année. La nature n’est pas une activité en plus, c’est simplement le cadre dans lequel tout le reste se passe. Ce n’est pas une grande déclaration. Juste une autre manière de faire.

Ou, plus simplement : grandir aurait sans doute besoin d’un peu plus de boue, de quelques arbres en plus, et de suffisamment d’espace pour voir ce qui se passe.

Source: IUCN – Ten steps to green school grounds & nature-based education. You can download the full report here.

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